DANS L’AIR DU TEMPS, MUSIQ3, Réal Siellez, 06/10/20

« Michel Audiard disait « Heureux soient les fêlés, ils laisseront passer la lumière »… L’album de Jules & Jo est une faille gigantesque qui laisse passer une illumination, sur laquelle est posé benoîtement un abat-jour…(…) A l’instar d’Alfred Jarry et de son travail littéraire et pictural, ce nouvel opus  élève l’absurde au rang d’œuvre d’art… Et ce qui peut paraître potache et patachonesque est en réalité finesse et précision.

La pochette de l’album, photographie d’Alice Piemme, nous montre les protagonistes nus dans un jardin… Elle nous ramène à l’humain dans son plus simple appareil, et c’est exactement de cette façon qu’il nous est raconté dans cet album, avec sa bêtise, ses lâchetés mais aussi sa solitude et sa mélancolie.

(…) Chaque chanson est un objet. Et chaque objet dessine son propre style musical, La boule à neige est un rap, Le trampoline devient (bien sûr) un canon rebondissant, Le vibromasseur est une ballade mutine où se glisse une citation du Boléro de Ravel… Le velux s’habille de Clavecin, l’allumette prend des airs de Gainsbourg-Birkin, le bocal est plein de psychédélies Beatnik et le pompon, ultime trophée des manèges de foire, s’incarne en slam freudien mélancolique… Ils remettent aussi en avant un style musical qui a fait les belles heures des chansonniers de cabarets, à savoir la micro-chanson… Un air très bref et humoristique qui n’exclut pas une certaine poésie…

(…) Chaise de jardin, un album sorti ce 2 octobre, qui vous permettra de faire un joyeux naufrage dans les vagues de votre cerveau gauche… »

 

NOS ENCHANTEURS, Michel Kemper, 23/10/20

« (…) On a souvent présenté nos Jules & Jo comme de la chanson comique. Même si ce n’était pas tout à fait vrai, c’est l’image qu’on s’en faisait (…). Là, Jules & Jo quittent cependant les rives du rire pour pire encore, pour celui de l’insolite, de l’absurde, du non sens presque : une niche quasi vierge de la chanson où il peuvent s’ébattre à l’aise. En fait du non sens qui fait sens. En témoignent ces quinze petits bijoux qui animent des objets, leur donne vie, raison sociale s’il faut raison garder. De vrais chansons, même si l’une d’elle, Fourchette, fait cheveu dans la soupe : « Le monde est un potage / Je suis une fourchette / Dommage ». Des chansons qui se débattent dans leur folle logique, que nos deux défendent avec passion, comme dans cette Boule à neige : « Fallait-il, fallait-il / Que je (tu) me (te) réincarne(s) / Carne en boule, boule à neige ». Avec chaque fois l’habillage musical idoine (composé, à un titre près, par Matthias Billard), comme dans ce Pompon aux pires et sirupeuses notes de la variétoche des 70’s, ou ce Caravane interprétation et musique façon Carole Laure & Lewis Furey. Tous les titres-objets sont remarquables (oh, ce bébé rose bonbon qui sert de Cochonnet aux amoureux pétanqueurs !), au sens qu’ils doivent être remarqués. J’avoue tout de même ma lubrique préférence pour Vibromasseur : « Mon frère sans mode d’emploi / Je m’étonne de sa longueur / Sert-il de cuillère en bois / Pour cuisiner de belles quiches ? », dont chaque strophe va plus loin encore dans l’explication, la technique. C’est, comment on dit ? Jouissif, c’est ça !

Notre duo franco-belge commet ici un opus de pur plaisir et de qualité supérieure. Commandez-le dès maintenant, vous le passerez en boucle au prochain confinement : il vous semblera moins long. »

FRANCOFANS, Zef Cervantès, fév/mars 2015

« Ah… belgitude ! Suite à un premier album détonant Le trophée en 2011, Jules & Jo célèbrent une nouvelle victoire acquise, celle du Pouvoir aux Roux. « Hallérouya » d’une « rouvolution » sonore. Le duo surdoué Matthias Billard, Julie Legait se transforme en trio avec l’adoption parfaitement réussie du contrebassiste Alex Aymi. Leur folie singulière en ressort plus mélodique et étoffée encore. Ce nouvel album démarre aux sons des flûtes et cornemuse, d’un tambour emportant une voix magnétique, intelligente qui dodeline et ondule au service d’un surréalisme dadaïste, burlesque et subversif. L’inspiration est haute, la liberté musicale sacrément stylée, maîtrisant une décoction swing, jazz, reggae, funk, cumbia, hip-hop et tribale aux esprits de Hitchcock et Derrick. Un Che Guevarou enquête : Marylin Monroux est-elle une vraie rousse ? Trompette, clarinette, guitares, cajon, contrebasse en épousent l’énigme. »

NOS ENCHANTEURS, Michel Kemper, 28/02/15

« […] Jules et Jo n’ont pas que des chansons drôles mais, que voulez-vous, chaque fois qu’ils concourent, c’est cette part d’eux-mêmes qu’ils mettent en avant, en tête de gondole. De loin, de fort loin, ils ont été les meilleurs à cette cinquième édition du Prix Moustaki. [] Toute la salle, pleine comme un œuf, membres du jury inclus, leur a fait un rare triomphe, tous à rire aux éclats, à pisser dans leur froc. Car c’était d’un drôle, mais d’un drôle ! Qui plus est bien chanté, à peu près les seuls à la diction parfaite, sans bouffer les mots, sans rogner les rimes, respectant leur verbe, déployant leur verve. Diction parfaite : ils sont belges et, paradoxalement, ne donnent pas l’impression de chanter la bouche pleine de frites ! […] Bravo les clowns ! Et merci pour ce moment. »

NOS ENCHANTEURS, Norbert Gabriel 16/05/2014

Jules & Jo (et Jojo) sont des belges qui font leurs numéros dans un grand écart qui peut aller de Magritte à Picasso, en passant par Chagall pour les situer sur le plan métaphorique et pictural. Sur le plan musical, cest parfois Le Cirque des Mirages, parfois le groupe Odeurs revisité par Stellla, avec intermèdes dune poésie raffinée quoique burlesque, le tout baigné de musiques fines et subtiles. Pour le contraste. On peut aussi imaginer que ce sont les Marx Brothers un jour de grande forme psychédélique qui ont fait la mise en scène. Je ne sais pas si vous avez compris, mais ce genre de spectacle est-il vraiment racontable ?

OUEST FRANCE, Claudine Malbouyssous / 18/07/2012

Des sourires, des rires et une ovation debout à la fin du concert. Des textes décapants, recherchés, parfois osés ou à la limite de l’absurde, rappelant Prévert, Boris Vian et ceux qui savent triturer les mots. Avec une grande variété de tons, mais toujours plein de poésie, voire de nostalgie, Jules & Jo provoquent, se moquent avec une présence en scène qui a conquis le public.

Commentaires d’internautes après le spectacle

« Jules & Jo, c’est bien plus qu’un spectacle potache en musique! C’est de l’humour qui charrie la vie en son entier, dans sa gravité, sa fragilité, sa légèreté. C’est un rire qui grince et purifie. Un festin l’on boit, l’on mange, l’on rit, on rote, on se frappe sur le ventre, et à la table duquel la beauté et le tragique se font sans cesse du pied. Merci pour cette palette audacieuse et ardente!«  Barbara Malter

« La chanson française de cabaret est bien vivante, rien à voir avec la nostalgie du « c’était mieux avant » et de la « chanson à papa ». Ils sont singuliers cinglés et magnifiques. » Guilhem Valayé


« Décapants, loufoques, attendrissants. Par leur physique aussi. Leur gestuelle. Leurs voix. Bonne humeur et rires garantis ! » Donatienne Cappelle